FileMaker ou application web sur mesure : le comparatif honnête
« Faut-il quitter FileMaker ? » Nous entendons cette question chaque semaine, et nous savons qu'elle est souvent posée à des gens qui ont intérêt à répondre oui. Nous développons des applications web sur mesure, nous ne sommes donc pas neutres. Mais nous avons aussi vu des migrations qui n'avaient pas lieu d'être, et nous préférons vous le dire avant plutôt qu'après.
Voici donc un comparatif critère par critère, avec ce que FileMaker fait bien, ce qu'il fait moins bien, et les situations où il reste le meilleur choix.
En bref
- FileMaker reste imbattable pour monter vite un outil interne, utilisé par une petite équipe au bureau.
- L'application web sur mesure l'emporte dès qu'il faut du mobile, des intégrations, un accès pour des clients ou partenaires, ou plus d'une quinzaine d'utilisateurs.
- Sur le coût, le nombre d'utilisateurs fait tout : en dessous de 10, l'écart est faible ; au-delà de 20, les licences pèsent lourd.
Le tableau d'ensemble
Reprenons les points qui comptent le plus pour un dirigeant.
Le coût : tout dépend du nombre d'utilisateurs
Les deux modèles sont opposés. FileMaker se paie sur abonnement, par utilisateur et par an : de l'ordre de 200 à 500 € HT selon l'offre, plus le serveur, l'hébergement et la maintenance par un développeur FileMaker. Le coût de départ est faible, mais il grandit avec l'équipe et se répète chaque année.
L'application web sur mesure demande un investissement initial (le projet), puis un coût d'exploitation modeste : hébergement et maintenance, environ 10 à 15 % du coût du projet par an. Le nombre d'utilisateurs ne change presque rien à la facture.
Deux nuances importantes. D'abord, avec 5 utilisateurs, l'écart est mince : une offre FileMaker d'entrée de gamme (environ deux fois moins chère que celle du graphique) ramène le coût sur 5 ans autour de 20 k€, et si votre application est complexe, le projet de migration peut coûter plus que les licences économisées. Ensuite, le coût d'un projet dépend de la complexité de l'application, pas du nombre d'utilisateurs : nos hypothèses supposent qu'une application utilisée par 50 personnes est plus riche que celle d'une équipe de 5. Pour un calcul détaillé par taille d'entreprise, voyez notre article sur le coût réel des licences FileMaker.
Mobilité et travail à distance
C'est souvent le premier point de friction. FileMaker propose trois façons d'accéder à une base : le logiciel FileMaker Pro installé sur l'ordinateur, l'application FileMaker Go sur iPhone et iPad, et WebDirect dans un navigateur. Cela couvre beaucoup de cas, mais avec des limites : pas d'application pour Android, des écrans conçus pour l'ordinateur qui s'adaptent mal au téléphone, et une sensibilité à la qualité du réseau dès qu'on travaille à distance.
Une application web est conçue dès le départ pour le navigateur, sur tous les appareils. Les écrans sont pensés pour chaque format, et le travail à plusieurs, à distance, est son fonctionnement normal. Avantage net à l'application web, surtout si vous avez des équipes terrain ou des collaborateurs en télétravail.
Intégrations et ouverture vers l'extérieur
FileMaker n'est pas fermé : la Data API, l'ODBC et Claris Connect permettent d'échanger des données avec d'autres logiciels. Mais ces connexions restent spécifiques à l'écosystème Claris, et Claris Connect est limité en nombre de flux selon l'offre.
Une application web est construite autour d'API standard. Se connecter à un logiciel de comptabilité, un CRM, une boutique en ligne ou un service de paiement fait partie du projet. Et surtout, elle peut s'ouvrir à vos clients et partenaires (portail, extranet, prise de commande) sans licence par personne, ce qui est difficilement envisageable avec FileMaker au-delà de quelques comptes.
Hébergement et sécurité
Avec FileMaker, vous avez le choix entre FileMaker Cloud, hébergé par Claris, et FileMaker Server, installé sur votre propre machine ou chez un hébergeur spécialisé. Les deux peuvent être sûrs : chiffrement, sauvegardes programmées, connexion sécurisée. Tout dépend de la façon dont ils sont configurés et surveillés.
Il en va exactement de même pour une application web : elle n'est sûre que si elle est bien conçue et bien maintenue. Son avantage est ailleurs : vous choisissez librement l'hébergeur et le pays (en Europe, pour le RGPD), et vous profitez des pratiques standard du web (droits par profil, historique des modifications, authentification forte). Sur la sécurité, match nul : c'est la qualité de l'exploitation qui fait la différence, pas la technologie.
Évolutivité et dépendance
FileMaker supporte des bases volumineuses, mais l'ergonomie reste celle de FileMaker : il est difficile d'offrir l'expérience d'une application moderne, et certaines évolutions (portail public, application mobile Android, gros volumes d'utilisateurs simultanés) se heurtent aux limites de la plateforme.
L'autre sujet est la dépendance. Avec FileMaker, vous dépendez d'un éditeur (Claris, filiale d'Apple), de ses tarifs et de ses choix de produits, ainsi que de développeurs FileMaker de plus en plus rares. Une application web sur mesure repose sur des technologies ouvertes, le code vous appartient, et n'importe quelle équipe web compétente peut la reprendre.
Le prototypage : l'atout historique de FileMaker
Soyons justes : pour créer un premier outil en quelques jours, FileMaker est remarquable. Un dirigeant ou un salarié motivé peut construire seul une base fonctionnelle, avec des écrans, des listes et des impressions. C'est précisément pour cela que tant de PME ont démarré avec.
L'écart s'est toutefois réduit. Avec le développement assisté par l'IA, une petite application web se construit aujourd'hui en 2 à 4 semaines pour 5 à 12 k€, une application métier en 1 à 3 mois pour 12 à 30 k€. Ce n'est plus le chantier de six mois qu'on imaginait il y a quelques années. Le détail est dans notre article combien coûte une migration FileMaker vers le web ?.
Quand FileMaker reste le bon choix
Nous vous conseillerons de garder FileMaker si la plupart de ces conditions sont réunies :
- moins de 10 utilisateurs, qui travaillent principalement au bureau, sur Mac ou PC ;
- pas de besoin mobile, ou des équipes déjà équipées d'iPhone et d'iPad ;
- peu d'échanges avec d'autres logiciels, et aucun besoin d'ouvrir l'outil à l'extérieur ;
- une base bien tenue, et quelqu'un de disponible et de fiable pour la faire évoluer ;
- un usage d'outil interne, qui ne différencie pas votre entreprise face à ses concurrents.
Dans ce cas, migrer coûterait plus qu'il ne rapporterait. Mieux vaut investir dans le nettoyage de la base, la documentation et une configuration propre des sauvegardes.
Quand l'application web s'impose
À l'inverse, l'application web sur mesure devient le choix logique si vous cochez plusieurs de ces cases :
- plus de 15 à 20 utilisateurs, ou une équipe qui grandit ;
- des collaborateurs sur le terrain, en télétravail, ou équipés de téléphones Android ;
- des clients, fournisseurs ou partenaires à qui donner un accès ;
- des ressaisies entre FileMaker et vos autres outils ;
- une dépendance forte à une seule personne pour faire vivre la base.
Vous hésitez entre les deux ? Notre article sur les 7 signes qu'il est temps de migrer propose une grille d'auto-diagnostic pour faire le point.
En résumé
FileMaker n'est pas un mauvais outil : c'est un excellent outil pour démarrer, qui atteint ses limites quand l'entreprise grandit, se déplace et s'ouvre vers l'extérieur. L'application web sur mesure demande un investissement initial, mais supprime les licences par poste, fonctionne partout et vous rend indépendant.
La seule façon de trancher pour votre cas est de regarder votre base. Nous proposons un audit gratuit de votre application FileMaker, avec une recommandation claire, y compris quand il vaut mieux ne rien changer. Découvrez notre offre de migration FileMaker ou parlez-nous de votre projet.
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